- 03.09.–16.11.2022
- Exposition · Archives
Profondément enraciné
La nature, à la fois archive et dépositaire de souvenirs
À l’occasion de l’exposition « Profondément enracinés – La nature, archive et vecteur de souvenirs » à la Galerie im Körnerpark, Silvina Der-Meguerditchian et Sonya Schönberger s’associent pour présenter deux installations in situ.
Avec son œuvre « Pflaumenbaum » (Prunier), Sonya Schönberger explore l’histoire et l’œuvre de Franz Körner (1838 – 1911), qui a donné son nom au Körnerpark. Son point de départ est un prunier qui se trouve sur sa parcelle dans un ensemble de jardins familiaux berlinois du quartier de Britz, à Neukölln, lequel – tout comme le Körnerpark – a été aménagé sur une ancienne gravière appartenant à l’entrepreneur en bâtiment. Dans le cadre de son observation à long terme de cet arbre, Sonya Schönberger se penche sur son histoire possible ainsi que sur l’héritage de Körner dans une perspective critique vis-à-vis du colonialisme. Ses collections comprennent non seulement des découvertes archéologiques issues de ses gravières, mais aussi des objets qu’il a rapportés de son voyage en Égypte et qui se trouvent aujourd’hui dans différents musées berlinois.
Au cœur de l’installation « Treasures » de Silvina Der-Meguerditchian se trouve le carnet manuscrit de son arrière-grand-mère Hripsime Tobdjian, qui, en tant que survivante du génocide arménien de 1915, s’est réfugiée en Argentine. Ce carnet contient 350 remèdes et recettes, principalement à base de plantes anatoliennes. Le carnet de Tobdjian nous donne un aperçu des substances utilisées pour traiter les maladies les plus courantes de son époque, ainsi que de la vaste connaissance des plantes qu’elle avait acquise dans sa ville natale d’Aintab (aujourd’hui Gaziantep). Silvina Der-Meguerditchian aborde les connaissances en botanique et en phytothérapie issues de la terre d’origine de nombreux habitants de Neukölln et s’interroge sur ce qu’il advient de ce savoir lorsqu’une communauté perd son lien avec le pays qui l’a vu naître.
À partir d’objets personnels, les deux installations entreprennent une recherche archéologique de traces. Couche après couche, elles mettent au jour des récits et dévoilent une multitude de liens possibles, tant temporels que géographiques. Les artistes abordent la nature comme une archive et un vecteur de mémoire ; elles s’interrogent sur les histoires que la terre et les plantes peuvent raconter.
- Silvina Der-Meguerditchian
- Sonya Schönberger